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Gao Zhisheng raconte 50 jours de torture en détention - Partie1

Gao Zhisheng, avocat chinois défenseur des droits de l'homme,
Gao Zhisheng, avocat chinois défenseur des droits de l'homme, est constamment persécuté par le régime communiste. (La Grande Époque)

La lettre suivante a récemment été publiée par la China Aid Association . Elle est inédite, bien que datée de 2007, et provient de l'avocat chinois Gao Zhisheng. Ce dernier, après avoir écrit des lettres ouvertes aux dirigeants chinois en 2004 et en 2005 dénonçant la situation des droits de l'homme dans le pays, s'est retrouvé dans le collimateur du régime. Surveillance intensive, menaces et attaques contre sa famille, tentatives d'assassinat, arrestations, détentions : la souffrance de Gao Zhisheng est inimaginable. Il révèle dans les lignes qui suivent les détails des 50 jours de torture subie suite à son arrestation en septembre 2007. Le 6 février 2009, il a été arrêté à nouveau et on est sans nouvelles de lui.

Les mots que j’écris aujourd’hui seront un jour finalement révélés. Ils exposeront le vrai visage de la Chine d’aujourd’hui et montreront les motivations impensables et les caractéristiques du «parti au pouvoir» en Chine.

Bien sûr, ces mots ne sont pas agréables à entendre et peuvent même déranger les «bons amis» et «bons partenaires» internationaux du Parti communiste chinois (PCC) d’aujourd’hui; si, bien sûr, ces «bons amis» et «bons partenaires» ont encore dans leur cœur quelque considération pour la conscience humaine et la moralité.

Aujourd'hui, le PCC, soudainement prospère, s'est non seulement fait plus d’«amis» et de «partenaires» internationaux, mais il crie aussi de plus en plus fort des slogans pervers du genre «la Chine est un pays où il y a la primauté du droit». Cela est désastreux pour le progrès et le développement des droits de l’homme du peuple chinois.

Le 21 septembre 2007, vers 20 h, les autorités m’ont averti verbalement que je devais assister à une séance de rééducation. Je me suis rendu compte qu'il se passait des choses inhabituelles. La police secrète, qui normalement me suit toujours de près, gardait une plus grande distance. Je marchais dans la rue ce jour-là et, quand j’ai tourné à un coin, environ six ou sept étrangers se sont dirigés vers moi. Soudainement, j’ai reçu un coup à la nuque et suis tombé face contre le sol. Quelqu’un m’a attrapé par les cheveux et l’on m’a immédiatement enfilé une cagoule noire sur la tête.

On m’a fait monter dans un véhicule. Malgré que je ne pouvais voir, il me semblait qu’il y avait deux banquettes et un espace au milieu. J’ai été placé dans cet espace, par terre. J’avais la joue droite contre le sol. Tout à coup, une botte m’a écrasé le visage pour me clouer au plancher. Des mains ont commencé à me fouiller. On a enlevé ma ceinture pour me lier les mains derrière le dos. Au moins quatre personnes ont mis leurs pieds sur moi pour m'immobiliser.

Environ 40 minutes plus tard, on m’a traîné hors du véhicule. Mon pantalon tombait au niveau de mes genoux, et on m’a traîné dans une pièce. Personne ne m’avait parlé jusque là. C’est à ce moment-là que l’on m’a enlevé la cagoule qui recouvrait ma tête. Aussitôt, des hommes ont commencé à m’insulter et à me frapper. «***, le jour de ta mort est arrivé aujourd'hui. Mes frères, donnons-lui une leçon brutale aujourd’hui. Battez-le à mort.»

Ensuite, quatre hommes avec des matraques électriques ont commencé à me frapper la tête et tout le corps. On n’entendait que le bruit des coups et de mon souffle affolé. J’ai été battu avec une telle violence que tout mon corps a commencé à trembler sans contrôle.

«Ne fais pas semblant!», a crié l’un d’eux; j’ai appris plus tard, qu’il s’appelait Wang. Ensuite, un homme très fort et grand (environ 1,85 m) m’a attrapé par les cheveux pour me soulever du sol. Wang a commencé à me frapper au visage de toutes ses forces.

«***, tu n'es pas digne de porter des vêtements noirs. Es-tu un chef de mafia? Enlevez-lui tous ses vêtements.»

On m’a enlevé tous mes vêtements, et j’étais complètement nu. Wang a encore crié, quelqu’un m’a frappé derrière les jambes et je suis tombé au sol. L’homme de grande taille a continué à me tirer par les cheveux pour me forcer à voir Wang.

À ce moment-là, je pouvais voir qu’il y avait cinq personnes dans la pièce. Quatre d’entre eux tenaient une matraque électrique et le dernier tenait ma ceinture.

«Écoute bien, Gao. Aujourd’hui, tes oncles ne veulent rien d’autre que ta vie soit pire que la mort. Je te dis la vérité, ton affaire, ce n’est pas seulement entre toi et le gouvernement.»

«Regarde au sol! Il n’y a pas une seule goutte d’eau. Mais, dans un moment, tu auras de l’eau jusqu’au dessus des chevilles. Après un moment, tu sauras d'où vient l'eau.»

Tiré de la Grande Epoque http://www.lagrandeepoque.com/LGE/content/view/5866/105/

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