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Où va la Chine? - Partie 2

Sichuan
Cette tourmente dans les relations publiques s'est subitement arrêtée le 12 mai alors qu'un séisme dévastateur a frappé la province du

des parents manifestent
Lors du tremblement de terre du Sichuan, nombre d'élèves ont été tués par l'effondrement de leurs écoles, dont la construction de piètre qualité n'a pas tenu. Leurs parents exigent des explications des autorités. (Andrew Wong / Getty Image)

Sichuan. Soudainement, les voix critiques contre le régime chinois se sont tues et les élans de solidarité ont pris place pour venir en aide aux victimes. Les médias étrangers, alimentés par l'agence officielle du gouvernement chinois, ont salué la réponse rapide des autorités et la visite du premier ministre, Wen Jiabao. Mais peu de temps a été nécessaire pour réaliser que tout cela était un fiasco. Le refus de laisser entrer des équipes de secours étrangères durant les premiers jours suivant le tremblement de terre a fait augmenter le nombre de victimes.

Alors qu'en Occident on saluait la mobilisation de plusieurs milliers de soldats de l'Armée populaire de libération, des voix dissidentes s'élevaient pour dénoncer qu'il ne s'agissait que d'une fraction des forces qui avaient été déployées pour mater le soulèvement démocratique de 1989.Puis, dans les milieux aguerris, hors des chaînes médiatiques cultivant liens et intérêts avec Pékin, on a posé les bonnes questions : qu'en est-il des bases militaires et des centrales nucléaires, secrètes ou pas, qui tapissent la région montagneuse du Sichuan? Ont-elles été détruites par le séisme?

Cette question même semble donner la raison pour laquelle les équipes étrangères de secours avaient été tenues à l'écart dans les premiers jours, outre l'orgueil du Parti communiste chinois et de la caractéristique chinoise de ne pas vouloir «perdre la face». Effectivement, de canal officiel, plus de 30 «sources radioactives» auraient été écrasées lors du tremblement de terre. Une piste que les médias étrangers n'ont pas jugé bon d'investiguer.

La suite de la catastrophe est connue de tous : un nombre élevé d'enfants ont péri en raison de l'effondrement des écoles, construites en «tofu» alors que les édifices gouvernementaux sont demeurés intacts.

Répit avant les JO
Les 70 000 victimes du séisme au Sichuan auront donné un répit à Pékin sur la scène internationale. Les voix d'opposition à l'étranger se sont faites moins virulentes alors qu'approchait le moment rêvé pour attirer l'attention sur leurs causes. Les protestations du début des xxixes-jeux-olympiques_diaporama.jpggouvernements étrangers contre la répression au Tibet ne se sont pas traduites en actions concrètes. Les appels au boycott des Jeux ont été très marginaux, même dans le camp des défenseurs des droits de l'homme. Seule une poignée d'opposants et de critiques ont assimilé les Jeux de Pékin 2008 à ceux de Berlin 1936 : un régime fasciste, une militarisation poussée, une recherche de légitimité, un désir d'exhiber sa force et sa discipline ainsi que des persécutions internes visant ethnies, religions et dissidents.

Heureusement pour le régime, sa cérémonie d'ouverture aura réussi à jeter la poudre aux yeux de nombreux terriens malgré les faussetés découvertes par la suite comme les faux feux d'artifice, la fausse chanteuse, les faux enfants ethniques et le faux piano.

Au niveau sportif, un franc succès selon certains. En ce qui a trait à l'avancement de l'humanité, on repassera. Les Jeux olympiques ne sont tout simplement plus voués à cette cause. Le régime chinois n'a finalement pas respecté ses promesses en matière de liberté de presse et de manifestation, et l'année 2009 s'annonce pire dans ces domaines.

La bulle olympique a vite éclaté lorsque les tendances à la falsification se sont prouvées être plus que des tendances mais bien des modus operandi. Le scandale du lait contaminé à la mélamine est venu enfoncer le clou dans le cercueil de la marque made in China. La faible confiance dans les produits chinois apparaît comme évidente dans la crise des exportations actuelle que connaît la Chine. Si la crise économique mondiale y est certainement pour quelque chose, les facteurs internes ne peuvent être ignorés, tant par les consommateurs que par les investisseurs étrangers.

Dans ce contexte où la croissance plonge, où l'instabilité sociale gronde, les Jeux de Pékin ne veulent plus dire grand chose. Mis à part peut-être pour ceux qui s'efforcent toujours de croire au «miracle chinois».

2009 : L'année de tous les dangers


20070201-253-ret.1170745344.jpgSi l'année 2008 était attendue avec impatience par Pékin et bon nombre de Chinois, c'est tout le contraire pour 2009. La crise économique mondiale n'inspire rien qui vaille à l'horizon, et une série d'anniversaires n'amélioreront en rien l'image du régime communiste sur la scène internationale. En fait, les prédictions sont si mauvaises que les enthousiastes du «miracle chinois» commencent à calmer leurs jubilations stimulées par la montée de cette nouvelle puissance. Une exagération? Lisez pour voir.

Bill Schiller du Toronto Star écrit que les Jeux de Pékin étaient «selon l'opinion générale vraiment les meilleurs de tous les temps». La première phrase ouvrant son analyse du 1er janvier 2009 annonce d'emblée ses couleurs. Sont-ils nombreux ceux qui ont pu entièrement faire abstraction du contexte pour savourer les évènements sportifs et divertissants? Schiller semble être de ceux-là. Mais il ne s'éternise pas sur son affirmation et enchaîne rapidement en signalant que «les Jeux sont finis» et que les «feux d'artifice de clôture se sont dissipés».

En effet, le titre de son article est L'économie chinoise frappe-t-elle une Grande muraille?

Même les plus optimistes face à l'économie chinoise sont troublés par cette question. Mais peut-être pas autant que les mandarins communistes de Pékin. Au départ, ils croyaient peut-être que leur «socialisme aux caractéristiques chinoises» saurait se montrer supérieur au système capitaliste américain. C'est d'abord ce qu'ont tenté de faire croire les médias d'État. Mais la réalité a vite rattrapé et défait les tentatives de propagande.

La Chine est grandement affectée, et ce n'est un secret pour personne. En fait, comment s'est construit le «miracle chinois»? Avec des investissements étrangers massifs, une économie basée sur les exportations, une monnaie maintenue artificiellement basse et un immense bassin de main-d'œuvre bon marché. Ce système aura permis à la Chine d'accumuler des réserves de change étrangères colossales grâce à des balances commerciales penchant d’une manière draconienne en sa faveur.

Suite à venir

Tiré de La Grande Epoque


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