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Et si les asiatiques demandaient des contreparties ?

M. Sarkozy pensait sans doute à la Chine en évoquant, le 23 septembre, un "format à partir du G8, avec possibilité d'ouverture sur des pays émergents". Peu importe qui, au bout du compte, aura amené la Chine à Washington. Ce qui est stupéfiant, c'est qu'il ait fallu plaider pour qu'elle y soit. Et que les dirigeants occidentaux, plongés jusqu'au cou dans "la plus grave crise financière depuis 1929", n'aient pas jugé indispensable que des moteurs de croissance comme la Chine et l'Inde soient associés d'office à la recherche d'une solution durable.

Car une chose est d'inviter la Chine, une autre est de savoir comment elle va se comporter. A la tête d'un pays plus ouvert, le premier ministre indien fait moins de mystères. Les Chinois, eux, se trouvent aujourd'hui projetés sur la scène internationale dans un rôle nouveau, face à des Occidentaux dont les attentes ne sont guère plus claires : refonte ou régulation ? Et si les Asiatiques, invités à participer au sauvetage du capitalisme mondial, demandaient des contreparties ? Comme un pouvoir accru au FMI, aux dépens des Européens ?

Ces Asiatiques ont jusqu'ici eu le bon goût de ne pas accabler les responsables de la crise actuelle, du moins pas trop haut. "Critiquer le capitalisme ? Mais nous, on veut continuer à nous en servir !", réplique un Chinois, en marge de la réunion de l'ASEM à Pékin. "Critiquer les Occidentaux ? A quoi bon, ils représentent toujours près de 70 % de l'économie mondiale !", commente un Indien. "Pallier l'absence de leadership américain ? Mais il est essentiel que les Etats-Unis continuent d'assurer notre sécurité !", s'affole un Japonais...

C'est un monde nouveau et inconnu. A Pékin, vendredi, le président Hu Jintao n'avait visiblement aucune envie d'y plonger à pieds joints. "Réglons d'abord nos propres problèmes, a-t-il dit. Maintenir une bonne dynamique pour notre développement économique est une importante contribution aux marchés financiers mondiaux." Le lendemain, le premier ministre Wen Jiabao, qui passe pour le plus réformateur des deux, avait un discours plus proactif, évoquant la nécessité de poursuivre "l'innovation financière", mais assortie de régulation.

Tiré de L'Asie entre en scène, Le Monde, 27 10 08

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